Biodisponibilité, intestin et santé : nous sommes ce que nous absorbons, pas ce que nous mangeons
Nous ne sommes pas ce que nous mangeons, nous sommes ce que nous digérons et absorbons vraiment.

La “lumière intestinale” : l’extérieur à l’intérieur
On appelle lumière intestinale l’espace creux du tube digestif, du moment où le bol alimentaire entre dans la bouche jusqu’à sa sortie avec les selles.
Tant que les aliments restent dans cette lumière, ils sont techniquement « à l’extérieur » de notre milieu intérieur, séparés de nous par la paroi intestinale.
Ce n’est que lorsqu’ils traversent cette paroi pour rejoindre le sang ou la lymphe qu’ils deviennent vraiment « nous ».
Digestion et biodisponibilité : ce qui compte vraiment
Pour qu’un aliment nous nourrisse, trois étapes sont essentielles :
- Fragmentation mécanique et chimique (mastication, sucs gastriques, pancréatiques, biliaires).
- Transformation en petites molécules (acides aminés, sucres simples, acides gras).
- Passage de ces molécules à travers la paroi de l’intestin grêle vers le sang ou la lymphe.
La biodisponibilité décrit la part d’un nutriment effectivement absorbée et utilisable par l’organisme.
Elle dépend de la forme de l’aliment, de l’état de la muqueuse digestive, des enzymes, de la flore intestinale, et même de nos choix de cuisson ou d’association alimentaire.
Deux personnes peuvent manger le même repas mais n’en « tirer » ni la même quantité de nutriments, ni les mêmes effets.
La paroi intestinale : barrière et filtre fin
La muqueuse intestinale n’est qu’une fine couche de cellules, avec des villosités et une bordure en brosse qui augmentent énormément la surface d’échange.
Elle joue un double rôle :
- Barrière protectrice contre toxines, antigènes, microbes.
- Filtre sélectif laissant passer l’eau, les micronutriments et les molécules nutritives utiles.
En temps normal, seuls les nutriments suffisamment dégradés franchissent cette barrière pour rejoindre la circulation sanguine ou lymphatique, puis les cellules.
C’est à ce moment-là, et pas avant, que l’on peut dire que « l’aliment devient nous ».
Perméabilité intestinale : trop ouverte, trop fermée
La perméabilité intestinale décrit la capacité contrôlée de la paroi à laisser passer certaines substances de la lumière vers le milieu intérieur.
- Si elle est trop faible ou si la digestion est incomplète, l’absorption des nutriments est limitée, la biodisponibilité chute, la fatigue et les carences peuvent apparaître malgré une « bonne alimentation ».
- Si elle est excessive (hyperperméabilité), des fragments trop gros, des toxines ou des antigènes peuvent traverser, favorisant inflammations, réactions immunitaires et troubles divers.
Un intestin en bonne santé, avec une muqueuse intégrale et une flore équilibrée, est donc central pour une nutrition réellement efficace.
En pratique : manger pour mieux digérer
L’enjeu n’est pas seulement de « bien manger », mais de bien digérer ce que l’on mange.
Concrètement :
- Prendre le temps de mastiquer pour alléger le travail de l’intestin et améliorer la première phase de digestion.
- Soutenir les sucs digestifs (qualité des repas, limitation des excès, gestion du stress) pour optimiser la dégradation.
- Protéger la muqueuse et la flore : limiter les irritants, favoriser les fibres adaptées, les nutriments et habitudes qui soutiennent la barrière intestinale.
Ainsi, passer du mantra « je suis ce que je mange » à « je suis ce que je digère et j’absorbe » change complètement le regard sur la nutrition, et recentre le travail sur la qualité de la digestion et de l’intestin lui-même.
Pour y parvenir, un accompagnement est une solution simple et efficace
Fabrice VIVIER, Naturopathe DN































