Thyroïde et prise de poids après 40 ans : comprendre le lien et agir naturellement
Les troubles de la thyroïde, surtout l’hypothyroïdie et Hashimoto, peuvent favoriser une prise de poids ou rendre l’amaigrissement plus difficile, mais une hygiène de vie ciblée permet de limiter ces effets et de mieux contrôler son poids entre 35 et 65 ans.

Rôle de la thyroïde dans le poids
La thyroïde produit les hormones T4 et T3, qui régulent le métabolisme de base, la dépense énergétique au repos, la température et l’utilisation des graisses et des sucres.
En cas d’hypothyroïdie (déficit en T4/T3 avec TSH élevée), le métabolisme ralentit, ce qui favorise une prise de quelques kilos, souvent liée à la rétention d’eau et à une dépense énergétique réduite.
La forme dite « subclinique » (TSH élevée, T4 normale) est fréquente chez l’adulte, avec une prévalence estimée entre 3 et 15%, plus élevée chez les femmes et avec l’âge.
Même dans les limites « normales », de légères variations des hormones thyroïdiennes sont associées à plus de masse grasse et un IMC plus élevé, ce qui explique pourquoi certaines personnes « prennent facilement » alors que leurs analyses semblent correctes.
Lien bidirectionnel thyroïde – surpoids
Les études montrent une relation bidirectionnelle : l’hypothyroïdie favorise une légère prise de poids, mais l’obésité elle‑même augmente le risque de troubles thyroïdiens.
Une étude récente conclut que la prédisposition génétique à l’obésité est un facteur de risque de développer une hypothyroïdie, ce qui renforce l’intérêt de la gestion pondérale dans la prévention et le suivi des troubles thyroïdiens.
Chez les personnes en surpoids, on observe souvent une TSH un peu élevée et des modifications de T3/T4 qui semblent être à la fois une adaptation à l’excès de masse grasse et un facteur d’entretien du surpoids.
Bonne nouvelle : plusieurs travaux montrent qu’une perte de poids (par régime hypocalorique) améliore le profil thyroïdien et fait baisser la TSH.
Conséquences sur la prise de poids
Chez l’adulte de 35 à 65 ans, les troubles thyroïdiens se traduisent souvent par :
- Une prise de poids modérée, parfois 2 à 5 kg, avec sensation d’être « gonflé » plus que franchement gras.
- Une fatigue importante, une baisse de motivation à bouger, des douleurs musculaires ou articulaires qui réduisent l’activité physique spontanée.
- Une tendance à avoir froid, un transit ralenti, des fringales de sucres ou de stimulants (café, sucré) pour lutter contre la fatigue.
Dans de nombreux cas, la difficulté principale n’est pas tant la quantité de poids prise que la résistance à la perte de poids malgré des efforts raisonnables, ce qui peut générer frustration, baisse d’estime de soi et abandon des bonnes habitudes.
6 Pistes naturelles pour soutenir la thyroïde et la gestion de votre poids
Les solutions naturelles ne remplacent pas un traitement hormonal prescrit (lévothyroxine) lorsque celui‑ci est nécessaire, mais elles peuvent optimiser le terrain, réduire les symptômes et faciliter la gestion du poids.
1. Optimiser l’assiette au quotidien
- Stabiliser la glycémie : privilégier des repas riches en légumes, protéines de qualité (poisson, œufs, légumineuses) et bonnes graisses (huile d’olive, colza, noix), avec des glucides complexes à index glycémique modéré.
- Augmenter les fibres : fruits, légumes, légumineuses et céréales complètes améliorent la satiété, le transit souvent ralenti en hypothyroïdie, et aident à contrôler le poids.
- Limiter les produits ultra‑transformés, sucres ajoutés et graisses trans, qui entretiennent l’inflammation de bas grade et la résistance hormonale.
- Veiller aux protéines : un apport suffisant soutient la masse musculaire et la dépense énergétique, particulièrement entre 40 et 65 ans pour contrer la sarcopénie.
2. Nutriments clés pour la fonction thyroïdienne
Sans supplémenter à l’aveugle, il est pertinent de surveiller (idéalement avec un professionnel) :
- Iode : nécessaire à la synthèse de T3 et T4, apporté par les produits de la mer et certains sels iodés, mais à éviter en excès surtout en cas de pathologie auto‑immune.
- Sélénium : participe à la conversion de T4 en T3 et à la protection de la thyroïde contre le stress oxydatif; on le trouve dans les noix du Brésil, les poissons, les œufs.
- Zinc : impliqué dans de nombreuses enzymes hormonales, présent dans les fruits de mer, les légumineuses, les graines.
- Fer, vitamine D, vitamine B12 : des déficits sont fréquents chez les patients hypothyroïdiens et peuvent aggraver la fatigue et la prise de poids.
Un accompagnement nutritionnel personnalisé permet d’ajuster ces apports via l’alimentation, et, si besoin, des compléments dosés en fonction des analyses, plutôt que de consommer des « cocktails thyroïde » génériques.
3. Activité physique adaptée
La littérature montre qu’une augmentation de l’activité physique améliore la composition corporelle et peut s’accompagner d’une baisse de TSH et T3 chez les personnes en surpoids.
Pour un adulte de 35 à 65 ans, l’objectif réaliste est de combiner :
- Endurance douce à modérée (marche rapide, vélo, natation) 3 à 5 fois par semaine.
- Renforcement musculaire 2 fois par semaine, pour préserver la masse maigre et le métabolisme.
L’idée est de respecter la fatigue liée à l’hypothyroïdie, en privilégiant la régularité à l’intensité, et d’augmenter progressivement la durée et la difficulté.
4. Gestion du stress et du sommeil
Stress chronique et manque de sommeil dérèglent les hormones de l’appétit (ghréline, leptine) et favorisent la prise de poids, tout en pouvant influencer l’axe hypothalamo–hypophyso–thyroïdien.
Dormir 7 à 9 heures de qualité par nuit et intégrer des techniques de gestion du stress (respiration, cohérence cardiaque, méditation, massages, yoga) aide à stabiliser le poids et améliore le ressenti des symptômes.
5. Intestin, inflammation et auto‑immunité
Dans les formes auto‑immunes comme Hashimoto, le système immunitaire s’attaque à la thyroïde, ce qui contribue au dérèglement hormonal et aux difficultés pondérales.
Un travail sur la
santé intestinale (réduction des ultra‑transformés, éventuelle diminution du gluten si mal toléré, apport de fibres et d’aliments fermentés) peut aider à réduire l’inflammation de bas grade et soutenir l’équilibre immunitaire.
6. Phytothérapie de soutien (avec prudence)
Certaines plantes peuvent soutenir l’énergie, l’humeur ou la gestion du poids chez les personnes hypothyroïdiennes, mais doivent être utilisées avec prudence :
- Adaptogènes (ashwagandha, rhodiola) : soutiennent le stress et la fatigue, avec quelques données sur l’amélioration de certains paramètres thyroïdiens, mais les études sont encore limitées et la prudence s’impose en cas de traitement hormonal.
- Plantes digestives et métaboliques douces (artichaut, pissenlit, fenouil) : améliorent la digestion, la rétention d’eau et le confort abdominal, ce qui peut faciliter l’adhésion à l’hygiène de vie.
Là encore, l’accompagnement individualisé est essentiel, surtout si la personne est déjà suivie en endocrinologie ou sous traitement substitutif.
Quand consulter et comment se faire accompagner
Les recommandations médicales insistent sur la nécessité de confirmer un trouble thyroïdien par des analyses (TSH, T4 libre, parfois T3 et anticorps) et de surveiller l’évolution, surtout en présence de symptômes (fatigue, prise de poids inexpliquée, frilosité, constipation, chute de cheveux).
Chez l’adulte de 35 à 65 ans, un travail conjoint entre médecin/endocrinologue et thérapeute en nutrition/naturopathe permet de combiner traitement médicamenteux si besoin et hygiène de vie pour optimiser le métabolisme, l’énergie et la gestion du poids.
Dans une consultation de nutrition fonctionnelle, l’objectif est d’identifier les facteurs qui entretiennent la prise de poids (profil alimentaire, sommeil, stress, activité, terrain inflammatoire, carences), puis de construire un plan personnalisé, progressif et réaliste, adapté à la vie quotidienne.
Cette approche globale redonne une marge de manœuvre aux personnes qui ont l’impression que « tout vient de la thyroïde » et les aide à reprendre le contrôle, kilo après kilo, avec plus de vitalité et de confiance.
Fabrice VIVIER, Naturopathe D.N.































